Image for post
Image for post

La dixième édition, entièrement digitale, des Tribunes de la presse, en novembre dernier, réunissait, à Bordeaux, une cinquantaine de spécialistes, chercheurs — chercheuses, journalistes, acteurs et actrices politiques… qui ont interrogé le « Monde d’après » et la manière de se réinventer.

L’institut de journalisme Bordeaux Aquitaine est, depuis plus années, associé à cet événement devenu un espace privilégié de réflexion et de débats. A cette occasion, les étudiants de la promotion de master première année, ont rencontré et interrogé différent.e.s intervenant.e.s. Nous publions ici, sous la forme de plusieurs épisodes, les interviews* réalisées par nos jeunes journalistes.

A consulter, sans modération.

*Ces entretiens ont été relus par les intervenant.e.s et nous les publions avec leur accord


Propos recueillis par Anthony Derestiat et Maxime Giraudeau

Professeur de pharmacologie à l’université de Bordeaux et membre de l’unité de recherche INSERM U657 « Pharmaco-épidémiologie et évaluation de l’impact des produits de santé sur les populations », Bernard Bégaud livre son regard sur la récente découverte de vaccins contre la Covid-19 et sur le rôle de l’information durant la pandémie.

Les premières annonces de candidats vaccins sont intervenues moins d’un an après l’irruption de la Covid-19. …


Propos recueillis par Tom Masson et Carla Monaco

Le Président du Directoire du journal Le Monde, Louis Dreyfus porte fièrement sur ses épaules le succès du quotidien national le plus lu de France. De quoi être optimiste sur l’avenir de la presse. Rencontre.

Malgré les difficultés économiques rencontrées par les médias d’information généralistes, Le Monde est un titre qui se porte plutôt bien, comment l’expliquez-vous ? La crise sanitaire n’a pourtant rien arrangé. La presse a connu un paradoxe avec une augmentation des lecteurs numériques, mais une diminution des revenus publicitaires. Quelles leçons peut-on tirer de cette situation ?

Louis Dreyfus : Le Monde et sa rédaction avaient déjà beaucoup investi sur la transition numérique. On a pu profiter à plein, pendant le premier confinement, d’une croissance des abonnés numériques. Il y a effectivement eu une baisse des revenus publicitaires, mais elle est conjoncturelle. Avec l’arrêt de la consommation et des magasins, il y a eu aussi un arrêt de la publicité et nous remarquons qu’en décembre cela repart fortement à la hausse. C’était donc juste un trou d’air. En revanche, en ce qui concerne les abonnés web, nous avons atteint, ces derniers jours, 330 000 abonnés numériques. Nous sommes sur une croissance très forte. Avec l’apparition du Covid, il a fallu mettre tout le monde en télétravail, ce que nous avons fait même avant l’annonce du confinement. Nous nous sommes débrouillés pour que le journal puisse continuer à produire ses articles sans mettre en danger la journée des collaborateurs. En fait, il fallait poursuivre notre production de contenu dans une période où les gens avaient plus de temps pour lire. Un pari réussi. …


Propos recueillis par Florian Padoan et Océane Provin

Mathématicien et philosophe, spécialiste de l’intelligence artificielle, professeur d’informatique à la faculté des sciences de Sorbonne Université et président du comité d’éthique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Jean-Gabriel Ganascia propose de prendre des précautions avec les technologies. Il prône une meilleure éducation de la population aux enjeux d’avenir autour de l’intelligence artificielle.

Quels sont les principaux enjeux éthiques liés à l’irruption dans notre vie quotidienne de l’intelligence artificielle et comment maintenir une vraie vigilance vis à vis des différents usages que l’on peut faire des algorithmes ?

Jean-Gabriel Ganascia : beaucoup ont peur de la « gouvernementalité » algorithmique qui conduirait à que nous soyons soumis à une forme dictature des ordinateurs. Pourtant n’y a pas d’antinomie radicale entre démocratie et algorithmes. Bien au contraire, un régime est juste parce qu’il y a des règles, et une constitution n’est qu’en enchaînement de règles, c’est-à-dire un algorithme. Les algorithmes nous sauvent donc de l’arbitraire. Ce dont il faut se méfier, ce sont des hommes derrière ces algorithmes. Des hommes qui ne sont pas toujours très bien intentionnés, parce que cela représente des enjeux de pouvoir considérables. En ce sens, ce ne sont pas les algorithmes en eux-mêmes qui posent problème, mais le fait que des machines soient programmées par des personnes, sans que l’on sache exactement quels critères sont choisis pour prendre des décisions. L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée dans des dispositifs matériels usuels, par exemple dans des téléphones portables qui font appel à la reconnaissance vocale et à la reconnaissance faciale, ou dans des agents conversationnels. Or, ces dispositifs jouent désormais un rôle central dans le monde moderne. Grâce à eux, les grands acteurs d’Internet récupèrent les traces de nos activités et, avec elles, nous profilent et ciblent la publicité afin de la rendre plus efficace. Cette approche s’est révélée très rentable en matière commerciale. On l’utilise aussi à des fins politiques, ce qui pourrait avoir des effets délétères, en cela que cela permet de manipuler les citoyens. Il ne faudrait donc pas en laisser la maîtrise exclusive à des techniciens ou à des hommes politiques. Cela concerne et regarde l’ensemble des citoyens. …


Propos recueillis par Abdelmalek Benaouina et Luca Campisi

Ancien correspondant à Washington, aujourd’hui éditorialiste international pour Le Monde, Alain Frachon analyse les défis qui attendent le nouveau président des États-Unis Joe Biden, sur la scène américaine et internationale, mais aussi les manœuvres envisageables pour rompre avec la politique de son prédécesseur.

Si le Sénat reste à majorité Républicaine en janvier, quelles seront les marges de manœuvre de Joe Biden sur le plan fédéral ?

Alain Frachon : Le champ d’action de Joe Biden, sur les politiques fédérales, sera singulièrement restreint. Notamment pour son projet d’augmenter de 21% à 28% l’impôt sur les sociétés, qui suppose l’accord du Sénat. Mais, comme ses prédécesseurs, dont les partis étaient minoritaires dans l’une des chambres, Joe Biden aura tout de même la possibilité d’agir sur les questions intérieures grâce aux directives présidentielles. …


Propos recueillis par Juliette Brossault et Joseph Lacroix Nahmias
15/12/2020

Chercheur associé à l’IRIS et enseignant à Sciences Po Paris, Jeff Hawkins est un ancien ambassadeur américain en Centrafrique. Il analyse les quatre années de politique étrangère sous l’ère de Donald Trump et apporte un éclairage sur celle que prendra Joe Biden.

Êtes-vous rassuré par la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles américaines? Que va-t-il advenir de Donald Trump sur la scène politique intérieure?

Jeff Hawkins : Bien sûr que je suis rassuré par la victoire de Biden. Mais je pense que la situation politique reste très tendue. Les élections sénatoriales dans l’État de Géorgie, qui ont lieu début janvier, sont d’une importance capitale. Si Biden n’a pas une majorité au Sénat, gouverner va devenir très difficile. Les Républicains vont certainement faire une guerre outrancière à ce nouveau président avec pour objectif de rendre ce pays ingouvernable. …


Propos recueillis par Maxime Asseo et Hugo Bouët
15/12/2020

Fondateur du quotidien gratuit 20 Minutes, ex-journaliste à Libération, chercheur résident à Stanford, entrepreneur dans la tech et professeur à Sciences-po, Frédéric Filloux s’indigne de l’importance des réseaux sociaux dans la prolifération des fake news et des théories du complot : une véritable menace démocratique. Explications.

Comment expliquez-vous le développement des fake news ? Est-il imputable à la montée du populisme dans le monde, à la perte de légitimité des élites et des institutions, ou comme le dit le sociologue Gérald Bronner, nous aurions une disposition à la crédulité ?

Frédéric Filloux : C’est un peu tout ça finalement. Le recul démocratique est absolument indissociable du concept de fake news. De plus, la mécanique de viralité des réseaux sociaux contribue largement à leur prolifération. Ces plateformes peuvent être vues comme un avantage démocratique avec des attributs tout à fait positifs comme l’accès à la parole pour chacun, mais en réalité elles participent davantage à la dissémination à grande échelle de fake news. Aujourd’hui n’importe qui peut avoir un compte Twitter, ouvrir un blog, avoir une chaîne Youtube. Si une personne mal intentionnée sait faire vibrer certaines cordes, son discours a de fortes chances d’être entendu. …


Propos recueillis par Susie Muselet et Emma Saulzet
15/12/2020

Directrice du Musée des Arts Décoratifs et du Design de Bordeaux depuis janvier 2013, Constance Rubini analyse les enjeux de la crise sanitaire actuelle que connaît le monde de la culture et les transformations de celui-ci. Rencontre.

Les cinémas, théâtres et musées vont pouvoir rouvrir à la mi-décembre. C’est un soulagement pour vous ?*

Constance Rubini : Oui. Comme beaucoup de gens, nous sommes heureux de pouvoir retourner dans les théâtres, les cinémas et les musées. Nous attendions cela avec impatience. …


Propos recueillis par Philippe Peyre et Julie Malfoy
14/11/20202

Docteure en sociologie, Aurore Flipo est spécialiste des questions de mobilités et de migrations. Elle analyse limpact du confinement sur la pratique du télétravail en zone rurale et sinterroge sur le sens à donner au travail.

Cette année 2020 aura été celle du télétravail contraint à domicile pour faire face à la crise sanitaire. Cette situation a-t-elle été l’occasion pour vous de développer de nouvelles recherches scientifiques dans ce domaine ?

Aurore Flipo : N’étant pas spécialiste du télétravail à la base, je suis entrée dans le sujet par le biais de la ruralité et de la mobilité. Le projet de recherche sur lequel j’ai travaillé et qui m’a amené à m’intéresser au télétravail portait sur les espaces de coworking, les tiers-lieux et leur impact sur les mobilités. Le confinement a été l’occasion de m’intéresser aux mobilités et à ce qui se joue dans nos vies lorsque l’on en est privé. …


Propos recueillis par Nicolas Azam et Anaëlle Larue

Dans la confrontation entre les États-Unis et la Chine, où doit se placer lEurope ? Bernard Guetta, député européen Renaissance et Président dHonneur des Tribunes de la Presse, insiste sur la nécessité pour lEurope de se doter dune politique de Défense commune.

Pourquoi débattre des relations entre les États-Unis, la Chine et l’Union Européenne aux Tribunes de la presse cette année ?

Bernard Guetta : Il y a dans ce siècle trois puissances qui comptent. Les États-Unis, première puissance économique et militaire du monde. L’Union Européenne, deuxième puissance économique du monde. Et la Chine, une puissance économique qui aspire à devenir une puissance politique et militaire et qui l’est déjà largement devenue. …

About

Les ITVs de l'IJBA

Vous trouverez sur ce site les interviews réalisées par les étudiants en M1 à l'IJBA dans le cadre de l’édition 2020 desTribunes de la Presse de Bordeaux

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store